LES BOUQUETINS par Nicolas LAFEUILLADE

SAMEDI 18 JANVIER 2020

 

 

LES BOUQUETINS

 

> C'est M. Nicolas LAFEUILLADE , responsable du Parc National des Pyrénées, en charge de la vallée d'Aspe, qui traitera ce sujet. Le sujet est largement d'actualté car des bouquetins ont été introduits récemment dans notre vallée pour constituer une zonz de peuplement.

 

> Comme chaque année, le Parc National , avec qui nous sommes partenaires nous présente ainsi un thème liée à la vie dans le Parc, La présentation en est toujours très agréable et largement illustrée 

 

> Il nous décrira l'animal, comment il vit, ce qu'il recherche. Des bouquetins ayant été introduits dans d'autres vallées de Pyrénées, il pourra ainsi nous dire comment celà s'est passé et quelle en a été la suite

 

 

Pour plus d'infos sur les Bouquetins, voici un texte pris sur le site du Parc National

 

Bouquetin ibérique

 

 

 

Nom scientifique : Capra pyrenaica

 

Identification

 

De format plus petit que le Bouquetin des Alpes, le Bouquetin ibérique est un animal trapu, campé sur des pattes robustes munies de sabots incroyablement adhérents à la roche. Son pelage est variable en épaisseur et couleur selon les saisons, devenant plus clair et plus court en été. Ses cornes légendaires lui donnent une silhouette caractéristique. De taille modeste chez la femelle, elles peuvent atteindre 90 cm chez le mâle adulte. Leur forme est très variable, le plus souvent torsadée en lyre, ce qui les distingue du Bouquetin des Alpes. Ces attributs assurent la suprématie sexuelle chez les mâles qui s’affrontent en de spectaculaires et sonores combats lors de la période de rut. Un net dimorphisme sexuel est présent chez cette espèce, les mâles mesurant près de 85 cm au garrot pour 70-90 kg, contre 70 cm et 35-45 kg pour les femelles.

 

Habitat

 

Le rocher est l’habitat principal du Bouquetin, qui affectionne les milieux escarpés aux falaises et vires nombreuses, plutôt orientés au sud et rapidement déneigés à proximité de pelouses. Il s’adapte très bien à des altitudes et des climats très différents. Il préfère les milieux ouverts, et fréquente peu la forêt.

 

Comportement

 

Le Bouquetin ibérique a besoin de vastes étendues même si les femelles se contentent d’un espace plus réduit que celui des mâles. Ce besoin d’espace varie fortement en fonction des ressources alimentaires et des saisons. L’hiver et la neige repoussent les animaux vers le bas des versants tandis qu’en été ils sont attirés par la fraîcheur de la qualité de la végétation près des crêtes.

 

Régime alimentaire

 

Le Bouquetin ibérique s’alimente de végétaux, consommant de préférence des graminées à la belle saison, des ligneux en automne et en hiver, voire des lichens et des mousses lorsque les conditions deviennent trop rudes. Son régime alimentaire est plus éclectique et diversifié que celui de l’Isard. Vivant dans les rochers, il n’occasionne de dégâts ni aux forêts ni aux pâtures.

 

Cycle de vie

 

Le rut se déroule à l’automne et induit souvent de grands déplacements chez les mâles. Les naissances ont lieu en mai-juin et le jeune reste pendant presque 2 ans avec sa mère, formant ainsi avec d’autres mères des petites hardes de 10-20 individus. A l’âge de 3 ans, les jeunes mâles forment des groupes indépendants, qui perdurent au cours du temps.

 

Préservation

 

Le Bouquetin ibérique est présent des deux côtés des Pyrénées sous la forme d’une sous-espèce endémique. Il est abondant en Espagne, avec plusieurs populations dépassant au total les 10 000 individus. Le dernier bouquetin présent sur le versant français a disparu en 1910 en vallée de Cauterets dans le Parc national des Pyrénées. Puis, en 2000, la dernière représentante de l'espèce disparaissait dans le Parc national d'Ordesa et du Mont Perdu. Pendant de nombreuses années, le projet de réintroduction était en attente d'une décision positive des autorités espagnoles pour fournir des bouquetins ibériques à la France. Celui-ci se concrétise depuis 2014, avec le lâcher de soixantaine-dix individus sur le territoire du Parc naturel régional des Pyrénées Ariégeoises et quatre-vingt au Parc national des Pyrénées.

 

Si en Espagne, le Bouquetin ibérique est chassable, en France l’espèce est protégée.

 

Comment l'observer ?

 

Contrairement à d’autres espèces sauvages, comme les isards en particulier, les bouquetins ne sont pas très farouches lorsqu’ils ne sont pas menacés. Malgré leur apparente quiétude, ils peuvent cependant être inquiétés par la présence de randonneurs proches d'eux. Observez-les à distance, avec des jumelles, restez sur le sentier … et vous ferez de belles observations sereines … pour le Bouquetin.

 


 

Pour en savoir plus : www.bouquetin-pyrenees.fr/

 

>  

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Mai - Juin

Etagne et son cabri nouveau-né déjà très agile dans les barres rocheuses

 

 

Bouquetins dans les barres rocheuses © L.Sanchez

 

Lorsque le printemps est bien installé, durant les mois de mai et juin, la période de gestation de la femelle bouquetin, l’étagne, arrive à terme (environ 164 jours).

Celle-ci s’isole dans un endroit inaccessible aux prédateurs pour donner naissance à un jeune cabri. La présence de jumeaux est assez courante dans certaines populations.

Le nouveau-né est rapidement très agile et capable de suivre sa mère dans les barres rocheuses. Il est allaité pendant 2 à 3 mois.

 

Juillet - Août - Septembre

Chevrée composée de nouveaux-nés et jeunes de l'an passé

 

 

Chevrée © L.Sanchez

 

Après la période de naissance des cabris, une cellule sociale appelée « chevrée » se constitue. Elle est formée de plusieurs femelles accompagnées de leur cabri ainsi que du jeune né de l’année précédente.

Les jeunes, âgés d'un an, sont appelés éterlous pour les mâles et éterles pour les femelles.

 

Dans la plupart des cas, les jeunes mâles sont écartés du groupe lorsque le nouveau cabri naît. Les éterlous se regroupent et quelques mâles viennent parfois les rejoindre.

Les éterles restent en contact avec la chevrée. Ce sont elles qui donneront, à leur tour l'année suivante, naissance à de jeunes cabris.

 

Etagne et son cabri en automne au milieu des fougères

 

 

 

Etagne et son cabri en automne

© J.Estèbe

 

 

La mixité des sexes est peu courante à cette époque de l’année, généralement consacrée à l’élevage des cabris.

Les groupes sont bien distincts, constitués de femelles et leurs cabris ou de jeunes mâles et de boucs.

C’est à cette époque que les bouquetins rejoignent les quartiers estivaux, en altitude, où ils passeront l’été à la recherche de fraîcheur et de végétation riche et tendre.

 

Octobre - Novembre - Décembre - Janvier

Groupe de bouquetins dans la neige se nourrissant, accrochés au rocher

 

 

 

Groupe de bouquetins mangeant des lichens

© J.Canet

 

 

A partir du mois d'octobre, les animaux commencent à préparer l'hiver et profitent des dernières belles journées ensoleillées pour accumuler des réserves de graisse.

 

Les bouquetins rejoignent petit à petit leurs quartiers d'hivernage situés dans des pentes raides et exposées au sud qui se déneigent rapidement. Cela leur permettra de passer l'hiver à l'abri du mauvais temps et des avalanches, notamment pour les plus jeunes.

 

2 jeunes mâles combattent à violents coups de tête

 

 

Combat de jeunes mâles © J.P.Crampe

 

De novembre à janvier, les mâles rejoignent les chevrées pour la période de rut.

Les jeunes sont écartés de la chevrée durant les combats entre mâles.

 

Les combats de rut sont parfois violents mais rarement dangereux. Tête contre tête, les mâles s'affrontent en se donnant de forts coups de cornes. Le gagnant du combat aura le privilège de pouvoir s’accoupler avec les femelles.

 

Mâle en rut, queue levée, lèvre supérieure retroussée et cornes couchées

 

 

Mâle en rut © J.Canet

 

Alors commence la parade.

Poils hérissés sur le dos, lèvre supérieure relevée, les mâles s’adressent aux femelles pour les inciter à l'accouplement.

Les glandes du prépuce et subcaudales sécrètent chez le mâle en rut une substance jaunâtre à l'odeur de bouc faisant office de message odorant.

 

Février - Mars - Avril

Le pelage en hiver est épais et sombre

 

 

Pelage d'hiver © L.Sanchez

 

Durant cette période, les déplacements sont très limités à cause de l'enneigement important et afin d'éviter toute dépense d’énergie inutile.

D'importantes réserves de graisse situées autour du cou, du dos et du ventre permettent aux animaux de surmonter les hivers rigoureux. Ces réserves peuvent atteindre 30 kg chez un mâle adulte. Elles pallient au manque de nourriture, en hiver.

Pour résister à la saison froide, les bouquetins possèdent un pelage hivernal, constitué de quatre couches formant une enveloppe isolante. L'épaisseur du poil peut atteindre 10 cm. La couleur sombre de ce manteau permet aux bouquetins de se réchauffer rapidement au soleil.

 

 

 

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