ON CHANTAIT EN 14 18 par Francis CHA

Conférence du 7 novembre 2015

                                          Chansons  1900-1920.

Présentée par Francis CHA

 

 La conférence nous a présenté  les chansons fin XIX début XX,  (ce que l’on a appelé « la Belle Epoque »)  interprétées par les vedettes de l’époque, Aristide Bruant, Montéhus, Yvette Guilbert, Mayol, Georgius, Dranem…….    et chantées dans les cafés-concerts, les music-halls et les cabarets (dont le fameux « Chat Noir »)

  • Les chansons sentimentales (« Frou frou », « Fascination », « Les mains de femme »….

  •  les chansons réalistes  («  Sa robe blanche »…),

  • Les chansons régionalistes (« Ma Normandie, « La paimpolaise »….)

  • Les chansons « exotiques » ( « Ma tonkinoise », «La cabane bambou » ..)

  • Les chansons d’actualités ( J’ai le téléphone ,L’aviateur rigolo )

  • Les chansons satiriques (« La polka des contribuables », « Qui paiera ça ? »…)

  • Les chansons « légères » (« Pétronille tu sens la menthe »,  «  Viens Poupoule », « Je cherche après Titine »..)

 Le répertoire patriotique  préparait l’opinion à la revanche de 1870   et soutint l’effort de guerre (« La Madelon », « En avant les p’tits gars », » On les auras »…) .

Le répertoire pacifiste d’avant 14 (« Gloire au XVII », « La grève des mères »..) fut interdit pendant la guerre mais refleurira après(«  La chanson de Craonne », « La butte rouge »,  « non non  plus de combats »….)

Voici les paroles de quelques une de ces chansons, bien d'autres ont été citées lors de la conférence. Si vous voulez les entendre , il suffit d'aller sur GOOGLE et de taper le titre de la chanson et il y a toutes les chances que vous puissiez l'écouter


AU CLAIR DE LA LUNE

Au clair de la lune,
Mon ami Pierrot,
Prête-moi ta plume
Pour écrire un mot.
Ma chandelle est morte,
Je n´ai plus de feu,
Ouvre-moi ta porte,
Pour l´amour de Dieu.

Au clair de la lune
Pierrot répondit :
"Je n´ai pas de plume,
Je suis dans mon lit.
Va chez la voisine,
Je crois qu´elle y est,
Car dans sa cuisine
On bat le briquet.

Au clair de la lune,
L'aimable Lubin
Frappe chez la brune,
Ell' répond soudain :
— Qui frapp' de la sorte ?
Il dit à son tour :
— Ouvrez votre porte
Pour le dieu d'amour !

Au clair de la lune,
On n´y voit qu´un peu :
On chercha la plume,
On chercha le feu.
En cherchant d´la sorte
Je n´sais c´qu´on trouva,
Mais j´sais que la porte
Sur eux se ferma


LA BUTTE ROUGE


Sur cette butte là y'avait pas d'gigolettes
Pas de marlous ni de beaux muscadins.
Ah c'était loin du Moulin d'la Galette,
Et de Paname qu'est le roi des patelins.
C'qu'elle en a bu du bon sang cette terre,
Sang d'ouvriers et sang de paysans,
Car les bandits qui sont cause des guerres
N'en meurent jamais, on n'tue qu'les innocents !


La butte rouge, c'est son nom, l'baptême s'fit un matin
Où tous ceux qui grimpaient roulaient dans le ravin.
Aujourd'hui y'a des vignes, il y pousse du raisin,
Qui boira d'ce vin là, boira l'sang des copains.


Sur cette butte là on n'y f'sait pas la noce
Comme à Montmartre où l'champagne coule à flots,
Mais les pauvr's gars qu'avaient laissé des gosses
Y f'saient entendre de terribles sanglots ...
C'qu'elle en a bu des larmes cette terre,
Larmes d'ouvriers et larmes de paysans
Car les bandits qui sont cause des guerres
Ne pleurent jamais, car ce sont des tyrans !


La butte rouge, c'est son nom, l'baptême s'fit un matin
Où tous ceux qui grimpaient roulaient dans le ravin.
Aujourd'hui y'a des vignes, il y pousse du raisin,
Qui boit de ce vin là, boit les larmes des copains.


Sur cette butte là, on y r'fait des vendanges,
On y entend des cris et des chansons :
Filles et gars doucement qui échangent
Des mots d'amour qui donnent le frisson.
Peuvent-ils songer, dans leurs folles étreintes,
Qu'à cet endroit où s'échangent leurs baisers,
J'ai entendu la nuit monter des plaintes
Et j'y ai vu des gars au crâne brisé !

La butte rouge, c'est son nom, l'baptême s'fit un matin
Où tous ceux qui grimpaient roulaient dans le ravin.
Aujourd'hui y'a des vignes, il y pousse du raisin.
Mais moi j'y vois des croix portant l'nom des copains



LE TEMPS DES CERISES


 

Quand nous chanterons le temps des cerises
Et gai rossignol et merle moqueur
Seront tous en fête
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au cœur
Quand nous chanterons le temps des cerises
Sifflera bien mieux le merle moqueur

Mais il est bien court le temps des cerises
Où l´on s´en va deux cueillir en rêvant
Des pendants d´oreilles
Cerises d´amour aux robes pareilles
Tombant sous la feuille en gouttes de sang
Mais il est bien court le temps des cerises
Pendants de corail qu´on cueille en rêvant


Quand vous en serez au temps des cerises
Si vous avez peur des chagrins d´amour
Evitez les belles
Moi qui ne crains pas les peines cruelles
Je ne vivrai pas sans souffrir un jour
Quand vous en serez au temps des cerises
Vous aurez aussi des peines d´amour

J´aimerai toujours le temps des cerises
C´est de ce temps-là que je garde au cœur
Une plaie ouverte
Et Dame Fortune, en m´étant offerte
Ne saura jamais calmer ma douleur
J´aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au cœur

 

  

UN FIACRE par Yvette Gilbert

 

Un fiacre allait, trottinant,
Cahin, caha,
 Hu, dia, hop là !
 Un fiacre allait, trottinant,
 Jaune, avec un cocher blanc.

 

 Derrièr' les stores baissés,
 Cahin, caha,
 Hu, dia, hop là !
 Derrièr' les stores baissés
 On entendait des baisers.

 

 Puis un' voix disant : " Léon !
 Cahin, caha,
 Hu, dia, hop là !
 Puis un' voix disant : " Léon !
 Pour ... causer, ôt' ton lorgnon !"

 

 Un vieux monsieur qui passait,
 Cahin, caha,
 Hu, dia, hop là !
 Un vieux monsieur qui passait,
 S'écri' : "Mais on dirait qu'c'est

 

 Ma femme avec un quidam !
 Cahin, caha,
 Hu, dia, hop là !
 Ma femme avec un quidam ! "
 I' s'lanc' sur le macadam'.

 

 Mais i' gliss' su' l' sol mouillé,
Cahin, caha,
 Hu, dia, hop là !
 Mais i' gliss' su' l' sol mouillé,
 Crac ! il est écrabouillé.

 

 Du fiacre un' dam' sort et dit :
 Cahin, caha,
 Hu, dia, hop là !
 Du fiacre un' dam' sort et dit :
 "Chouett', Léon ! C'est mon mari !

Y a plus besoin d' nous cacher,
Cahin, caha,
 Hu, dia, hop là !
 Y a plus besoin d' nous cacher.
 Donn' donc cent sous au cocher !


CRAONNE

Quand au bout d’huit jours, le r’pos terminé, on va r’prendre les tranchées,
Notre place est si utile, que sans nous on prend la pile.
Mais c’est bien fini, on en a assez, personn’ ne veut plus marcher,
Et le cœur bien gros, comm’ dans un sanglot, on dit adieu aux civ’lots.
Même sans tambour, même sans trompette, on s’en va là haut en baissant la tête.

Refrain
Adieu la vie, adieu l’amour, adieu toutes les femmes.
C’est bien fini, c’est pour toujours, de cette guerre infâme.
C’est à Craonne, sur le plateau, qu’il faut laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés, nous sommes les sacrifiés !

Huit jours de tranchées, huit jours de souffrance, pourtant on a l’espérance
Que ce soir viendra la r’lève, que nous attendons sans trêve.
Soudain, dans la nuit et dans le silence, on voit quelqu’un qui s’avance,
C’est un officier de chasseurs à pied, qui vient pour nous remplacer.
Doucement dans l’ombre, sous la pluie qui tombe, les petits chasseurs vont chercher leurs tombes.

C’est malheureux d’voir sur les grands boul’vards, tous ces gros qui font leur foire,
Si pour eux la vie est rose, pour nous c’est pas la mêm’ chose.
Au lieu de s’cacher, tous ces embusqués, f’raient mieux d’monter aux tranchées
Pour défendr’ leurs biens, car nous n’avons rien, nous autr’s, les pauvr’s purotins.
Tous les camarades sont enterrés là, pour défendr’ les biens de ces messieurs-là.

Refrain final
Ceux qu’ont l’pognon, ceux-là r’viendront, car c’est pour eux qu’on crève.
Mais c’est fini, car les trouffions, vont tous se mettre en grève.
Ce s’ra votre tour, messieurs les gros, de monter sur l’plateau,
Car si vous voulez la guerre, payez-la de votre peau !





SOUS LES PONTS DE PARIS

 

 

 

Pour aller à Suresnes ou bien à Charenton
Tout le long de la Seine on passe sous les ponts
Pendant le jour, suivant son cours
Tout Paris en bateau défile,
L´cœur plein d´entrain, ça va, ça vient,
Mais l´soir lorsque tout dort tranquille...

Sous les ponts de Paris, lorsque descend la nuit,
Toutes sortes de gueux se faufilent en cachette
Et sont heureux de trouver une couchette,
Hôtel du courant d´air, où l´on ne paie pas cher,
L´parfum et l´eau c´est pour rien mon marquis
Sous les ponts de Paris.

A la sortie d´l´usine, Julot rencontre Nini
Ça va t´y la rouquine? C´est la fête aujourd´hui.
Prends ce bouquet, quelques brins d´muguet
C´est peu mais c´est toute ma fortune,
Viens avec moi, j´connais l´endroit
Où l´on n´craint même pas l´clair de lune.

Sous les ponts de Paris, lorsque descend la nuit
Comme il n´a pas de quoi s´payer une chambrette,
Un couple heureux vient s´aimer en cachette,
Et les yeux dans les yeux faisant des rêves bleus,
Julot partage les baisers de Nini
Sous les ponts de Paris.

Rongée par la misère, chassée de son logis,
L´on voit une pauvre mère avec ses trois petits.
Sur leur chemin, sans feu ni pain
Ils subiront leur sort atroce.
Bientôt la nuit, la maman dit :
"Enfin ils vont dormir mes gosses."

Sous les ponts de Paris, lorsque descend la nuit
Viennent dormir là tout près de la Seine
Dans leur sommeil ils oublieront leur peine
Si l´on aidait un peu, tous les vrais miséreux
Plus de suicides ni de crimes dans la nuit
Sous les ponts de Paris.

 

 

Non, non, plus de combats

 

Non, non, plus de combats est une chanson anonyme écrite dans les tranchées, datant de 1917, au moment des mutineries, chantée par Ogeret

 

 « Mais voilà qu'on nous parle de guerre
Sous le joug venu du genre humain
Va falloir gagner nos frontières
Et risquer la misère et la faim.
Iras-tu, selon le sort des astres
Risquer ta peau ou tuer ton prochain ?

 

Refrain :

 

Non, non, plus de combats !
La guerre est une boucherie.
Ici, comme là-bas
Les hommes n'ont qu'une patrie
Non, non, plus de combats !
La guerre fait trop de misères
Aimons-nous, peuples d'ici-bas,
Ne nous tuons plus entre frères !

 

Ouvrier travaillant à l'usine,
Toi qui vis tranquille dans ton foyer
Pour combattre les races voisines
Va falloir quitter ton atelier.
Iras-tu, selon le sort des astres
Risquer ta peau ou tuer ton prochain ?

 

Les canons, les fusils, les baïonnettes,
Ce ne sont pas des outils d'ouvrier,
Ils en ont, mais ceux-là sont honnêtes
Et de plus ne sont pas meurtrier.
L'acier d'un couteau de charrue
Vaut mieux que celui d'un
Lebel,
L'un produit tandis que l'autre tue,
L'un est utile et l'autre criminel. »

 



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