A QUOI SERVENT LES SATELLITES par M. Bernard VIVIER

 

 

A quoi servent les satellites ?

 

Si la terre a un satellite naturel, que tout le monde connait : la Lune, ce n’est que le 4 octobre 1957 que le premier satellite artificiel est mis en orbite par l’Union soviétique : Spoutnik 1, grâce à la fusée R7, dont une version dérivée est toujours en service aujourd’hui§ En février 1958, Les USA plaçaient en orbite leur premier satellite « Explorer 1 », le 31 janvier 1958 et commençaient ainsi une course à l’espace, dopée par les programmes militaires.

 

Le France, qui travaillait à se doter de missiles balistiques pour sa force de dissuasion, utilisait les différents développements en cours pour mettre au point le lanceur de satellites Diamant et devenait, le 26 novembre 1965, la troisième puissance spatiale en mettant en orbite avec succès le satellite A1, alias « Asterix » ;

 

Depuis cette époque pionnière, l’usage des satellites artificiels s’est largement développé dans le monde. Si peu de pays ont acquis la capacité de mettre en orbite leurs propres satellites avec des lanceurs « nationaux » (Chine, France – Europe, Etats unis d’Amérique, Inde, Japon, Russie), de nombreux        autres réalisent ou font réaliser leurs satellites, lancés ensuite par les pays proposant des lancements commerciaux ou scientifiques.

 

La gamme des applications s’est largement développée, d’autant plus que certains lanceurs, comme Ariane 5 actuellement, peuvent proposer des lancements de satellites d’une masse allant jusqu’à 10 tonnes !

 

Parmi les applications les plus courantes, les satellites de télécommunication, utilisés quotidiennement, qui couvrent l’ensemble du globe depuis des positions orbitales originales : l’orbite géostationnaire, qui a la particularité de faire tourner un satellite en même temps que la Terre, ce qui le rend « fixe » au-dessus d’un territoire donné. Chacun de nous utilise souvent sans le savoir de tels satellites, soit directement, soit à travers le relais de stations terrestres.

 

Naturellement, les armées des pays les plus avancés ont adopté des satellites de communication cryptés qui permettent le lien permanent avec des troupes en opérations et la transmission de données en temps réel.

 

Les satellites sont aussi employés en permanence pour la localisation et la navigation.

 

Des constellations de satellites (GPS américain et bientôt le système Galileo européen) permettent aux récepteurs terrestres ou aériens, par les signaux qu’ils émettent, de calculer une position avec une précision qui est, parfois, de l’ordre du mètre. Si chacun peut utiliser constamment son GPS de voiture ou une application « plans » sur son smartphone, il le doit aux satellites…

 

La météorologie a aussi beaucoup progressé avec les satellites météo, géostationnaires, qui permettent, depuis le milieu des années 70, d’observer en permanence les phénomènes météo. Leur contribution à la qualité des prédictions mises quotidiennement à la disposition du public est devenue majeure et désormais irremplaçable.

 

L’observation de la Terre est devenu, aussi le domaine de prédilection des satellites, qu’il s’agisse d’usages civils (étude de l’environnement, prédiction des récoltes, connaissance des océans, étude des courants marins et des températures d’eau pour la pêche, alertes « pollution » en temps réel…) ou pour des usages militaires, notamment l’observation optique et radar.

 

Enfin, l’exploration interplanétaire , comme celle de l’univers, est largement basée sur les satellites ou sondes, qui permettent de s’extraire de l’atmosphère terrestre pour effectuer des mesures de qualité, ou d’aller très loin à la recherche de l’origine de l’univers. L’Europe a, en 2016, réalisé une grande « première » mondiale en posant sur la comète « Churyumov-Gerasimenko » Le robot « Philae » le 12 novembre 2014, après une mission de plus de 10 ans !

 

Les satellites font aujourd’hui tellement partie de notre vie quotidienne que l’on ne se rend pas toujours compte de l’importance qu’ils ont prise.

 

Si les satellites étaient muets, nous serions aveugles… !

 

Il faut cependant bien comprendre que, dans la compétition mondiale actuelle, les grandes nations ne peuvent dépendre des autres pour faire lancer leurs satellites. Une politique d’accès indépendant à l’espace est donc cruciale. C’est le choix européen, avec Ariane 5, confirmé récemment avec la décision de développer le lanceur Ariane 6, qui garantit pour longtemps notre accès libre à un espace si nécessaire à notre futur.

 

3 photos:

- M. VIVIER

_ le satellite SPOT5

- L'Estuaire de la Gironde

 

LE CONFERENCIER

 

 

 

Bernard Vivier a fait toute sa carrière dans l'industrie aéronautique et spatiale, occupant notamment des postes de direction au sein du Groupe EADS (désormais Airbus Group), plus particulièrement dans la branche spatiale.

 

Engagé depuis 2007 dans les activités associatives, il est président du Groupe Régional « Pays de l'Adour » de l'Association Aéronautique et Astronautique de France, ainsi que membre fondateur et trésorier de Pau Wright Aviation, association paloise notamment créatrice du salon Aéroadour.

 

Historien de l'aéronautique, il a publié trois ouvrages : Histoire de l'aviation au Pays Basque ; Histoire de l'aviation dans les Pays de l'Adour (Atlantica 2005 et 2008) et tout récemment, « Le temps des casseurs de bois » (éditions Gascogne).

 

Il est Colonel de la Réserve Citoyenne de l'Armée de l'Air, Chevalier de la Légion d’Honneur et titulaire de la médaille de l'Aéronautique.

 

 

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