LA BIOETHIQUE par Jacques RICOT

 

« Nul n’est méchant volontairement », p. 68-70 dans le collectif Platon. Gorgias, CV Jacques Ricot

 

Actualisé : jeudi 6 août 2015, Jacques Ricot

 

 

 

Curriculum vitæ

 

Date et lieu de naissance : 23 octobre 1945 à Chantonnay (85)
Nationalité : française
Situation de famille : marié, quatre enfants, quatre petits-enfants

 

Titres universitaires

 

  • Licences de philosophie (1966), sociologie (1967) et lettres (1971).
  • Certificats de sciences de l’éducation (1972-1973).
  • Diplôme d’études supérieures de philosophie (1967).
  • Agrégation de philosophie (1969).
  • Docteur en philosophie (2012)

 

Parcours professionnel

 

  • 1969-1987 : directeur d’études au Centre de formation des professeurs de collège de Nantes.
  • 1987-1996 : professeur en classes terminales au lycée Clemenceau de Nantes.
  • 1988-2006 : professeur en classes préparatoires scientifiques au lycée Clemenceau de Nantes.
  • 1998- 2010 : chargé de cours au département de philosophie de l’Université de Nantes.
  • 2010-2015 : chargé de cours de philosophie au Grand Séminaire interdiocésain de Nantes.

 

Engagements récents

 

  • Membre du Groupe nantais d’éthique dans le domaine de la santé (Gneds) du CHU de Nantes (2000-2016).
  • Membre de conférence régionale de santé et de l’autonomie (ARS) des Pays de la Loire.
  • Membre de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (Sfap).
  • Consultant et intervenant de l’association de médecins Phil’éthique (2008-2015).
  • Membre de l’association nantaise Philosophia (2004-2015). Membre de la direction de projet des Rencontres de Sophie depuis l’origine (2000).
  • Président du conseil d’administration de l’association ESPER (1997-2000). Centre de post-cure psychiatrique.
  • Vice-président du Collectif européen des équipes de pédagogie institutionnelle (1998-2015).

 

Chaque « non » est l’autre face d’un « oui ».

 

 

 

Un vent inexorable semble nous pousser vers des mutations anthropologiques accélérées dans le domaine de la transmission de la vie humaine et aussi dans la considération des conditions du mourir.

 

 

 

Mais à côté des très légitimes inquiétudes que suscitent les évolutions annoncées à la suite des novations techniques dans la procréation, ne faut-il pas aussi entendre la souffrance respectable des personnes qui sont dans l’impossibilité d’accueillir un enfant, l’une des belles tâches proposées aux humains ? Ne faut-il pas admettre qu’on meurt mal trop souvent et qu’il est nécessaire d’entendre des personnes refuser une situation douloureuse ?

 

Entendre et non pas condamner, au nom de principes rigidement invoqués. Mais aussi affirmer avec respect et douceur que tous les désirs, même les plus nobles, ne sauraient se convertir en droits, sans provoquer des dégâts collatéraux, d’abord peu visibles, mais dont les effets à terme sont incontrôlables.

 

 

 

N’oublions pas qu’une civilisation affirme ses valeurs positives par la fermeté des limites et des interdits qu’elle sait s’imposer. Respecter le corps d’autrui, c’est ne pas lui faire violence ; promouvoir la confiance mutuelle, c’est ne pas mentir ; obliger à sortir du cocon familial restreint quand on est devenu adulte, c’est prohiber l’inceste. Chaque « non » est l’autre face d’un « oui ». Dans le débat actuel autour des questions de bioéthique, c’est ce dont il convient de se souvenir.

 

 

 

Ainsi dire non à la PMA pour toutes les femmes, c’est dire oui au respect de la place des hommes qu’on se refuse à réduire au rang de simples moyens. « Donneurs de bonheur » quand ils abandonnent leur sperme selon un slogan qui, dit-on, serait en préparation ? Ou complices d’un effacement et d’une instrumentalisation sous une apparente générosité ?

 

Dire non à une certaine conception de la médecine prédictive, c’est dire oui à l’accueil du petit à naître dans sa différence et chercher d’abord à le soigner s’il est malade, et non vouloir nécessairement l’éliminer.

 

 

 

Dire non au prêt, même gratuit, d’un utérus, c’est dire oui à la relation qui se tisse entre la mère et l’enfant durant la grossesse, qui n’est pas qu’une simple gestation comme chez les mammifères. On dit que cette gestation serait « pour autrui », mais n’est-elle pas d’abord « par  autrui », expression qui permet de dévoiler un abandon programmé présenté indûment comme un don ?

 

 

 

Dire non au suicide assisté et à l’euthanasie, même à la demande du patient, c’est dire oui à l’accompagnement des plus vulnérables, c’est dire oui à la reconnaissance de la dignité inaltérable de celui qui croit l’avoir perdue, et c’est pour le soignant ne pas se laisser embarquer dans un autre éthique que celle commandée par le serment d’Hippocrate.

 

« Prends soin de lui ». Cette injonction évangélique est devenue au fil des siècles notre repère commun. Ne le détruisons pas.

 

Jacques Ricot, 17 mars 2018

 

 

 

 M. RICOT est souvent appelé a écrire des articles dans la presse sur les sujets de Bioéthique. En voici quelques uns qui reprennent d'ailleurs des points qu'il a abordés lors de la conférence

 

 

1) Notre société doit-elle faire entrer dans la loi le droit au suicide assisté ?

 

Jacques Ricot, philosophe, auteur de « Éthique du soin ultime », Presses de l’EHESP

 

 

 

Selon le communiqué de l’Élysée du 18 décembre 2012, il est demandé au Comité consultatif national d’Éthique de répondre à la question suivante : « Selon quelles modalités et conditions strictes permettre à un malade conscient et autonome, atteint d’une maladie grave et incurable, d’être accompagné et assisté dans sa volonté de mettre lui-même un terme à sa vie ? ». La requête, qui prépare une modification législative, ne porte pas sur la légitimité d’autoriser ou non le suicide assisté, mais sur les modalités de cette autorisation ! Cette affirmation, tranquillement assénée, considère donc a priori qu’il est des moments de l’existence où l’État doit donner les moyens de se supprimer à toute personne qui, atteinte d’une maladie grave et incurable, le demande. Comment interpréter une telle proposition ?

 

Il y a d’abord un problème de cohérence. Comment conjuguer cette offre d’une assistance au suicide avec l’inquiétude exprimée durant l’été 2012 par Michèle Delaunay, la ministre déléguée en charge des personnes âgées, qui s’alarmait de l’augmentation des suicides dans cette catégorie de la population ? Son constat, lucide, était ainsi formulé : « Il ne s’agit pas d’appel au secours mais de formes de suicides qui répondent à la volonté ferme qu’aucune main ne puisse venir en interrompre le cours. Il s’agit bien d’en finir avec une vie qui ne paraît plus digne d’être vécue. » Avec bon sens, la ministre ne s’était pas demandé comment encadrer ces suicides dont le caractère radical était particulièrement éprouvant pour ceux qui restent, mais avait rappelé opportunément que chaque citoyen était comptable de ces gestes de désespoir et elle disait son souhait de préparer des mesures et une loi pour lutter contre ce fléau. En particulier, elle insistait sur la priorité à donner à la lutte contre l’isolement des personnes âgées, l’amélioration des conditions sociales de ceux dont les revenus ne leur permettaient pas une vie digne. La contradiction avec l’objectif élyséen est flagrante. En effet, comment expliquer que, pour certains, le suicide mériterait approbation et soutien de l’État tandis que pour d’autres, tout devrait être mis en œuvre pour le combattre ? On imagine, sans forcer le trait, la violence sournoise du  message qui serait alors distillé : « Vieux, la société vous aime : ne vous suicidez pas. Mais, si vous y tenez, suicidez-vous dès lors que vous êtes gravement malade, on vous y aidera. »

 

L’assistance au suicide présuppose que l’acte de mettre fin à ses jours, dans certaines situations que le législateur pourrait définir, serait l’expression d’une liberté que l’État devrait garantir. C’est là un préjugé qu’il convient de récuser. Comment soutenir que la personne, qui ne voit d’autre issue à son existence que la mort volontaire, soit réellement libre ? À l’évidence, cette liberté n’en est pas une puisque aucun autre choix ne se présente à la personne désespérée.

 

On martèle que mourir dans la dignité, ce serait s’en aller fièrement et librement quand certaines capacités physiques et intellectuelles auraient diminué, que l’horizon de la mort se profilerait de manière inéluctable. Le suicide serait une liberté que le droit devrait garantir moyennant un encadrement précis. Mais la question n’est pas celle de la vérification obsessionnelle, forcément sujette à fluctuation, des conditions de l’exercice de ce droit paradoxal. C’est le statut de la réponse éthique et politique de la société à cette demande qui pose problème. Faut-il conforter autrui dans l’idée que sa vie n’est plus digne d’être vécue ? Et lui susurrer que, puisque tel est son choix, nous ne pouvons que souscrire à sa demande ? Mais sans oser lui dire en face que cette curieuse conception libérale-libertaire permettrait peut-être de résorber le déficit de la Sécurité sociale... Déjà, réactivant un concept du sociologue Durkheim, on se met à parler de suicide altruiste. En Belgique, lorsqu’un écrivain renommé a « bénéficié » d’une mort légalement administrée, parce qu’il sentait ses aptitudes intellectuelles s’affaiblir, c’est le ministre de la Culture qui est venu solennellement expliquer : « Je le connais suffisamment pour savoir qu'il voulait partir dans la fierté et la dignité ». Bel encouragement à ceux qui continuent à vivre quand ils voient leurs forces décliner ! Auraient-t-ils donc perdu toute « fierté » et toute « dignité » ?

 

Quel est le statut juridique du suicide dans notre société ? Ni approuvé ni encouragé, il n’est cependant pas interdit par la loi. Seule est condamnée la provocation au suicide. Mais il n’en résulte pas que celui-ci soit un droit. S’agissant du suicide, les juristes parlent alors de liberté « civile » ou « personnelle » pour indiquer que le suicide (qui désigne étymologiquement le « meurtre de soi ») échappe à la qualification d’homicide car le suicidaire et suicidé sont d’abord des victimes. Ouvrir un droit au suicide, ce serait ébranler la logique juridique de notre édifice et troubler gravement nos repères éthiques. Comme l’a dit Robert Badinter en 2008 lors de la mission d’évaluation de la loi dite Leonetti, le droit pénal n’a pas qu’une fonction répressive, il exerce aussi une fonction expressive et, à ce titre, traduit les valeurs éthiques d’une société.

 

Publié dans L’Humanité des 11, 12, 13 mai 2013.

 

2) Faut-il légaliser l’euthanasie ?

 

 Cela provoquerait un sentiment d’inutilité

 

Jacques Ricot

 

Philosophe (1)

 

Avant de savoir s’il faut légaliser l’euthanasie, on doit s’interroger sur ce que signifie cette demande sociétale. Avec constance, depuis de nombreuses années, nos concitoyens expriment massivement la crainte de mal mourir. Ils le disent en répondant de manière binaire à la question de savoir s’ils sont pour ou contre l’euthanasie. Être contre reviendrait à préférer souffrir plutôt que mourir. Être pour, ce serait se prononcer pour le confort d’une mort choisie.

 

Or les choses ne sont pas si simples. « L’essence de la tyrannie, disait le philosophe Jacob Burckhardt, est le refus de la complexité. » Au cours de mes rencontres régulières avec les publics les plus divers, j’observe que, lorsqu’on prend le temps d’expliquer les normes éthiques et leur traduction juridique dans les lois de notre pays, on est stupéfait de constater la profonde ignorance des principes qui régissent la fin de vie.

 

Il s’agit, premièrement, de l’obligation de respecter la liberté du sujet, y compris lorsque, de façon libre et éclairée, celui-ci refuse des traitements. Deuxièmement, l’acharnement thérapeutique (l’obstination déraisonnable) est formellement interdit. Enfin, soulager la souffrance est un impératif. Le dispositif de la sédation profonde et continue jusqu’au décès, encore très mal connu et donc mal appliqué, répond aux situations de détresse. Je peux témoigner que la présentation précise et impartiale de ces trois principes modifie sensiblement la perception de la fin de vie et empêche les réponses catégoriques à la question de l’utilité de l’euthanasie.

 

On demande à la société, par l’intermédiaire des soignants, de pactiser avec le désir mortifère des patients. La mutation profonde du métier du soin, comme on l’observe dans les (rares) pays qui ont légalisé l’euthanasie, interroge sur l’acceptation sociale des vies qui ne valent plus d’être vécues. La demande sociétale, qui n’est pas une demande médicale, survient à un moment historique très précis : celui où émerge un climat libéral-libertaire et où se pose un problème de déséquilibre démographique dans les sociétés occidentales vieillissantes. Serions-nous mûrs pour honorer ceux qui auraient le « courage » de quitter la vie prématurément ? Ils débarrasseraient leurs proches d’un fardeau et soulageraient les finances publiques d’un déficit chronique.

 

Comme le disait Paul Ricœur, hostile à la dépénalisation de l’euthanasie tout comme Robert ­Badinter, inscrire la transgression dans la loi, c’est en supprimer le caractère transgressif ! À contre-courant de la dérive douce de l’euthanasie, il convient de tenir une position éminemment prophétique et progressiste. Car une société qui approuve et aide ceux qui s’en vont avant l’heure finit nécessairement par provoquer l’intériorisation d’un sentiment d’inutilité chez tous les blessés de la vie. Et de l’intériorisation à l’injonction, il n’y a qu’un pas, plus vite franchi qu’on ne le pense.

 

(1) Auteur de Penser la fin de vie. L’éthique au cœur d’un choix de société. Éd. Presses de l’EHESP, 352 p., 19 €.

 

 

 3) Penser la fin de vie

 

 

 

L’éthique au cœur d’un choix de société

 

septembre 2017

 

·         Jacques Ricot

 

·         Jean Leonetti (Préface)

 

·         Philippe Pozzo di Borgo (Préface)

 

 

 

Dans le débat sur la fin de vie qui anime la société française, le citoyen est sommé d’avoir un avis bien tranché et de dire si, oui ou non, il est favorable à l’euthanasie. Mais sommes-nous bien « armés » pour penser la fin de vie ? Faisons-nous la différence entre euthanasie, suicide assisté, laisser mourir ? Connaissons-nous les implications éthiques de la fin de vie, les droits du patient et des familles, et les dispositions légales autour des obligations des médecins et des soins palliatifs?

 

En clarifiant, de façon méthodique et pédagogique, les notions fondamentales de finitude, souffrance, dignité et liberté, Jacques Ricot permet à chacun de mieux comprendre tous les enjeux de la fin de vie, qu’ils soient philosophiques, sociétaux ou juridiques. Loin d’être abstraites, ses réflexions s’appuient sur des analyses fines des différentes affaires médicales qui ont émaillé et alimenté le débat et sur une longue expérience d’accompagnement des soignants et des patients.

 

Critiquant la tendance contemporaine à réduire la question de la fin de la vie au seul critère de la « liberté » du sujet, il souligne que le débat est bien souvent éloigné de l’expérience quotidienne des soignants et des accompagnants. La question majeure est dès lors de savoir ce que le « soin » veut dire, du double point de vue de la personne qui prend soin et de la personne dont on prend soin.

 

4)  Un droit à l’enfant pour toutes les femmes ?

 

Le président de la République avait prévenu qu’il respecterait les recommandations du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) sur les demandes sociétales de recours à l’assistance médicale à la procréation. Notons d’abord que le Comité pourrait, avec cet engagement du candidat Macron, avoir perdu son statut consultatif pour devenir, en l’espèce, politiquement décisionnel. Ce qui ne serait pas nécessairement une bonne nouvelle pour l’autonomie du politique, ni d’ailleurs pour l’autonomie de l’éthique. Espérons donc que, le moment venu, le président saura honorer son autre promesse, celle d’ouvrir un débat apaisé. Ce ne sera pas facile.

 

Seront mécontents, les militants de la légalisation du recours aux mères porteuses, c’est-à-dire de ce qu’on appelle la gestation pour autrui (GPA). Cette dernière expression est renvoyée sèchement, au terme de l’analyse du CCNE, au rang d’un doux euphémisme : il y a une violence à utiliser le corps d’autrui sous les apparences de l’altruisme. Autres insatisfaits, les partisans de la congélation des ovocytes en vue de différer la procréation, pour mener une carrière professionnelle, par exemple. Pour le CCNE l’autoconservation ovocytaire ne saurait être encouragée surtout en raison des risques bien connus des grossesses tardives. Sur ces deux points, le raisonnement du CCNE est sans faille, même si seule la condamnation de la légalisation du recours aux mères porteuses a été votée à l’unanimité, alors que la réprobation de l’autoconservation ovocytaire a été désavouée par une partie des membres du Comité.

 

Ils ne se sont pas accordés, non plus, loin de là, pour approuver les demandes d’assistance médicale à la procréation (AMP) formulées par des couples de femmes ou des femmes seules, puisqu’une forte minorité (un tiers, semble-t-il) a plaidé pour refuser, dans une rigoureuse contre-argumentation, ce que l’on peut appeler une mutation anthropologique considérable.

 

On peut s’interroger sur l’invocation de trois principes mobilisés par les partisans majoritaires d’une assistance médicale à la procréation ouverte à chaque femme, célibataire ou en couple avec une autre femme, dès lors que son infertilité n’est liée qu’à l’absence de relation avec un homme et ne résulte donc pas d’une cause pathologique.

 

D’abord ce serait une affaire de liberté. Mais cette liberté dont disposent déjà les femmes d’être enceintes après un rapport sexuel avec un homme, change ici foncièrement de nature. Il s’agit de la liberté d’affirmer, symboliquement et socialement, l’effacement des pères dans le dispositif familial, les hommes étant réduits ici au rôle de pourvoyeurs de sperme. Curieuse liberté qui implique de se placer dans la dépendance de la société pour pallier une impossibilité de procréer en raison d’un mode de vie assumé.

 

Ensuite, ce serait une question d’égalité car il serait injuste que les femmes ne vivant pas avec des hommes ne puissent disposer des mêmes possibilités procréatrices que celles qui entretiennent des relations avec l’autre sexe. Mais depuis quand l’égalité signifie-t-elle que les différences structurelles des corps sexués devraient être considérées comme des discriminations insupportables ?

 

Enfin, parce qu’il faudrait prendre en compte la souffrance ressentie du fait d’une infécondité liée à des orientations personnelles, il conviendrait que la société soulage cette souffrance, certes respectable comme toute souffrance, mais en transformant les désirs humains en droits. Cela ne va pas de soi.

 

Jacques Ricot, philosophe, auteur de Du bon usage de la compassion.

Intertitre de OF : « Vers l’effacement des pères ? »

Intertitre de JR non retenu : « Les hommes, pourvoyeurs de sperme ? »

 

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Ci-dessous deux textes , l'un est d'une journaliste faisant le compte rendu d'une conférence de M. Axel KAHN animée par M Jacques RICOT, et l'autre est un article publié dans Ouest France , écrit par J. Ricot

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 Mères porteuses, don d'organes... Ces sujets seront abordés par le généticien Axel Kahn (1). Décryptage avec Jacques Ricot, spécialiste de bioéthique à la faculté de Nantes, au département de philosophie.


Dans le cadre de la révision des lois de bioéthique de 2010, les états généraux ont récemment permis à un panel de citoyens de s'exprimer. Qu'en avez-vous pensé ?

C'est un mode de consultation complètement original. Ces personnes se sont impliquées, ne se sont pas laissées intimider par des experts. Sur les sujets abordés, elles ont fait preuve de prudence, c'est-à-dire de sagesse pratique au sens d'Aristote. 75 000 visites ont aussi été enregistrées sur internet entre mars et juin ! Ce débat a passionné parce que nous sommes à un tournant de civilisation, ce que nous faisons aujourd'hui engage les générations à venir.

Alors que les courants d'opinion semblent plutôt favorables aux mères porteuses, le panel s'est prononcé contre. Qu'est-ce que cela traduit ?

D'abord, en parlant de « gestation pour autrui », on a voulu gommer le mot grossesse et donc maternité... Ce thème a fait couler le plus d'encre et provoqué des débats très agités. Selon des études, 60 % des Français sont favorables aux mères porteuses. Mais, les citoyens consultés ont dit non à 100 %, c'était inattendu ! Cela prouve que dans une dynamique de réflexion, ils sont beaucoup plus réservés.

En France, toute personne est considérée comme consentante au don d'organes si elle n'est pas inscrite au registre des refus. Les citoyens ne souhaitent pas voir évoluer la loi. Que doit-on en penser ?

J'interprète ce résultat comme une prise de conscience de vrais problèmes, pas comme du conservatisme. Les citoyens ont exprimé le besoin de campagnes d'information sur le don d'organes pour que, au sein des familles, le dialogue s'engage. 17 000 personnes, c'est très peu, sont inscrites sur le registre des refus. Dans les faits, les équipes médicales demandent toujours aux proches. Environ 30 % d'entre eux ne sont pas d'accord, ils vivent ce prélèvement comme une deuxième mort. Ce n'est pas un manque de générosité, mais une difficulté à faire le deuil.

Magali GRANDET.

CI DESSOUS , un texte en plusieurs images un texte du  du professeur TESTART, publié dans Charlie Hebdo . Les colonnes ont été regroupées en 4 "photos" sur lesquelles vous pouvez cliquer dessus pour les lire plus facilement

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